Le bain et le miroir, soins du corps et cosmétiques à la Renaissance

Château d'Ecouen, musée national de la Renaissance (20 mai au 21 septembre 2009)

Publié le jeudi 18 juin 2009



Cent trente objets et oeuvres d'art de la Renaissance sont replacés dans leur contexte et mis en regard de représentations peintes et sculptées.


Cette confrontation entre la beauté parfois idéalisée propre aux artistes de la Renaissance et ces témoignages de la culture matérielle et quotidienne permet de mieux comprendre les usages d'une civilisation où l'apparence autant que le soin de soi joue un rôle non négligeable.

Vénus à sa toiletteAnonyme. Département des Peintures, musée du Louvre, Paris © Rmn / Daniel Arnaudet
Vénus à sa toilette
Les premières représentations de ces Vénus au bain, largement copiées sur la statuaire antique, sont de Raphaël et Jules Romain. Relayés par les estampes de Marc Antoine Raimondi, Marco Dente, Agostino Veneziano ou Giulio Bonasone, ces modèles établissent durablement les fondements d'une certaine représentation des bains, dominée par l'élégance des poses, la clarté des compositions et l'ampleur savante du cadre architectural à l'antique qui les accompagne.

Le bain incarne au XVIe siècle une forme de sociabilité nouvelle réservée à une élite cultivée et savante. Peintures, dessins et gravures de Primatice, Jean Mignon, et Luca Penni laissent entrevoir le luxe des appartements des bains à cette époque.

Les gravures de l'Ecole de Fontainebleau et les diverses versions des Dames au bain peintes à la fin du XVIe siècle offrent des représentations de ces bains nobles de la Renaissance : des bains privés, conviviaux sans être collectifs, éléments d'une sociabilité particulière des élites. Quitter le « costume social » que constituaient les vêtements pour partager la même baignoire qu'un tiers ne pouvait se concevoir, en effet, que dans le cadre d'une amicale proximité et pour le moins d'une familiarité mondaine d'égaux.

Sobre et imposant, l'appartement des bains du château d'Ecouen, ouvert exceptionnellement le temps de l'exposition, est une éloquente démonstration de cet art de vivre au temps des Valois.

Le cérémonial de la toilette au cours duquel sont prodigués les soins de la peau et des cheveux, devient au cours du XVIe siècle l'un des privilèges du mode de vie raffiné adopté à la cour, au masculin comme au féminin.

Dame à sa toiletteAnonyme (d'après François Clouet ?). Musée des Beaux-Arts, Dijon © Musée des Beaux-Arts, Dijon / Photo François Jay
Dame à sa toilette
Un genre pictural nouveau apparaît : le portrait nu. Le thème de la dame à sa toilette se développe au cours du XVIe siècle suivant un même archétype : le portrait d'une femme, nue, en buste devant sa table de toilette dans l'environnement de sa chambre, une beauté radieuse inspirée des canons antiques, un corps à la fois sacralisé et sensuel.

Dès lors que la toilette devint représentation, le cérémonial qui l'entourait exigeait des accessoires dignes de ce faste. Ces objets hautement raffinés furent souvent représentés par les peintres. On peut confronter leurs images aux accessoires encore conservés : miroirs, peignes en ivoire, vergettes (brosses à habits), nécessaires de toilette, cure-dents cure-oreilles, têtes de martres, aiguières et bassins, tous réalisés dans les matières les plus précieuses.

Les soins de beauté complètent l'hygiène du corps. Grâce à l'imprimerie, savoirs et secrets font l'objet d'une diffusion sans précédent. La cosmétologie n'est cependant constituée que de recettes empiriques d'onguents, d'eaux et de poudres. Conservé à la BnF l'étonnant recueil manuscrit de Claude Gouffier, Grand Ecuyer du roi, en fait l'inventaire. Ces recettes sont toutes datées et identifiées par les noms des personnes qui les fournirent telles Louise de Savoie ou Catherine de Médicis.

L'exposition se conclut par une évocation des fragrances utilisées à travers la présentation de toute une variété de luxueux conditionnements : délicats flacons, étonnants bijoux en forme de pommes de senteurs qui s'ouvrent en plusieurs compartiments parfumés, perles de rosaires imprégnées de senteurs. Tous ces objets précieux et insolites, attestent du raffinement de la civilisation de la Renaissance jusque dans ses aspects les plus intimes.

Commissariat d'exposition : Michèle Bimbenet-Privat, conservateur en chef au Musée national de la Renaissance, professeur associé à l'Université Paris IV-Sorbonne.

Informations pratiques

 Château d'Ecouen, Musée national de la Renaissance (Val d'Oise) - 95440 Ecouen. A 20 km au nord de Paris.

 Tel : 01.34.38.38.50

 Horaires : Ouvert au public tous les jours, sauf le mardi, de 9h30 à 12h45 et de 14h à 17h15. Fermé les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

 Tarif : 6,5€, tarif réduit : 5€ incluant les collections permanentes.

 Billet jumelé avec le musée du Moyen Âge de Cluny : 13 €, tarif réduit : 10 €

Exposition en parallèle "Le bain et le miroir, soins du corps et cosmétiques de l'Antiquité au Moyen Âge" au musée du Moyen Âge de Cluny.


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