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Published on Thursday 10 September 2026
L'exposition met en lumière le réseau artistique féminin qui entoura Camille Claudel, depuis son apprentissage dans le Paris de la fin du XIXe siècle jusqu’à son internement en 1913.
Depuis sa redécouverte dans les années 1980, l’œuvre de Camille Claudel a été mise en lumière à travers de nombreuses expositions, donnant l’impression d’un talent isolé, presque miraculeux. Pourtant, dès son arrivée à Paris à l’automne 1880, la jeune Claudel – alors âgée de 16 ans – rejoint une scène artistique déjà marquée par la présence de sculptrices.
La première section de l’exposition s’attache à ces femmes artistes qui, malgré tout, parviennent à poursuivre leur vocation et à s’imposer sur la scène parisienne, selon des parcours et des stratégies variés.
La deuxième partie de l’exposition s’ouvre sur une période de compagnonnage artistique entre Camille Claudel et ses contemporaines à l’Académie Colarossi. À la fois école privée et atelier libre, l’Académie est réputée pour son enseignement mixte et ses cours de sculpture d’après modèle. Claudel y étudie aux côtés d’autres jeunes artistes femmes, françaises et étrangères, principalement britanniques et scandinaves.
Grâce au soutien de son père et associée à certaines de ses camarades de l’Académie, Camille Claudel loue un atelier rue Notre-Dame-des-Champs. Elle le partage avec Ghita Theuriet (1862-1911), Laetitia von Witzleben (1849-1923) et les sculptrices Sigrid af Forselles, Madeleine Jouvray et surtout Jessie Lipscomb.
La troisième séquence de l’exposition aborde les relations des femmes sculpteurs avec Auguste Rodin, entre transmission, influence et désir d’émancipation. À l’automne 1882, Rodin remplace Alfred Boucher dans l’atelier. Ne se considérant pas comme un professeur au sens traditionnel du terme, Rodin forme ses « élèves » par la pratique. Travaillant côte à côte dans l’atelier, les artistes emploient les mêmes modèles, échangent et se confrontent parfois dans le traitement et la réalisation de sujets semblables. Autour de Rodin, ces sculptrices empruntent la voie du symbolisme, livrant des représentations sans fard du corps vieillissant, souffrant ou mourant.
L’exposition se clôt sur l’« après-Rodin ». Après leur rupture en 1893, Camille Claudel cherche à tout prix à se libérer de l’influence du maître. L’atelier devient un espace isolé où Claudel s’inspire uniquement de ses expériences personnelles.
Souvent comparées à Camille Claudel par la critique, Anna Bass (1876-1961), Jane Poupelet (1874-1932) et Yvonne Serruys (1873-1953) appartiennent à une nouvelle génération d’artistes qui rejettent l’expressionnisme et le symbolisme rodiniens, elles adoptent un regard plus direct et intime, qui révèle une sensibilité moderne. Poupelet et Serruys figurent ainsi aux côtés de Claudel dans une exposition d’art français organisée à Zurich, en février-mars 1913, au moment même où cette dernière disparaît de la scène artistique. Bien que reconnues de leur vivant, elles seront peu à peu éclipsées par l’émergence des avant-gardes.
Liste des artistes présentées : Anna Bass (1876-1961), née Anna Julie Bass. Carolina Benedicks-Bruce (1856-1935) (Suédoise), née Carolina Marie Benedicks. Charlotte Besnard (1854-1931), née Charlotte Gabrielle Dubray. Marie Cazin (1844-1924), née Marie Clarisse Marguerite Guillet. Camille Claudel (1864-1943). Laure Coutan-Montorgueil (1855-1915), née Laure Martin. Sigrid af Forselles (1860-1935) (Finlandaise), née Sigrid Maria Rosina af Forselles. Agnès de Frumerie (1869-1937) (Suédoise), née Agnès Augusta Émilie Éléonore Kjellberg. Jeanne Itasse (1865-1941), née Marie Gabrielle Zoé Jeanne Itasse. Madeleine Jouvray (1862-1935), née Marie Madeleine Jouvray. Jessie Lipscomb (1861-1952) (anglaise). Ottilie Maclaren (1875-1947) (écossaise), née Ottilie Helen Maclaren. Ruth Milles (1873-1941 (Suédoise), née Ruth Anna Maria Andersson. Blanche Moria (1859-1926). Jane Poupelet (1874-1932), née Marie Marcelle Jane Poupelet. Yvonne Serruys (1873-1953) (Belge). Marguerite Syamour (1857-1945), née Marie-Louise Henriette Marguerite Gagneur. Laetitia de Witzleben (1849-1923) (Allemande), née Julie Léopoldine Ida Pauline Lätitia von Witzleben.
Informations pratiques :
• Catalogue d'exposition Au temps de Camille Claudel, être sculptrice à Paris. Editions In Fine
• Musée de Pont-Aven : Place Julia, 29930 Pont-Aven
• Ouvert tous les jours 10h-18h, sauf le lundi.
• Tarif plein 8€ / Tarif réduit 6€
Commissariat d'exposition : Sophie Kervran, Directrice du musée de Pont-Aven. Cécile Bertran, Directrice du musée Camille Claudel de Nogent-sur-Seine. Hélène Jagot, Directrice des musées et Château de Tours. Commissariat scientifique : Anne Rivière, historienne de l’art
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