Revue Médium N°10 : Le numérique en toutes lettres - janvier-février-mars 2007

Médiologie - Editions Editions Babylone - Broché - Textes en Français

Revue trimestrielle dirigée par Régis Debray. Sommaire : Les nouvelles hybrides, par Paul Soriano ; Glissements progressifs de l’autorité , par Daniel Bougnoux ; Logistiques de l’écrit, par Yves Jeanneret ; Le livre déplié, par Michel Melot (entretien avec Louise Merzeau) ; Après le journal, les journalistes, par Pierre Assouline ; Inondation médiatique et presse écrite, Jean-Marie Charon (...)

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Référence LIV_1600000300002
Artiste-Genre Médiologie
Auteur(s) Sous la direction de Régis Debray
Editeur(s) Editions Babylone
Format Broché
Langue Français
Dimensions 190 x 170
Date parution janvier-février-mars 2007

Les nouvelles hybrides, par Paul Soriano

L’hypersphère n’abolit pas les précédentes, logo, grapho, vidéosphère. Elle tend plutôt à les absorber, comme le numérique absorbe tous les signes. Non pour fusionner, mais pour en délivrer la circulation. D’où une profusion de formats, anciens (livre, journal, lettre, revisités), nouveaux ou renouvelés. Reste à savoir quelles énergies vont mouvoir ces flux.
    
Glissements progressifs de l’autorité , par Daniel Bougnoux

L’archaïque, l’archonte, l’archive, ont lié de façon immémoriale le commencement au commandement, et l’autorité à un certain pouvoir de maîtriser ou de rejouer l’origine. Ce pouvoir a peu à peu glissé, avec l’idéologie progressiste des Lumières, vers celui d’annoncer et de décrire l’avenir. C’est cette double autorité, liée à une perspective historique et à une durée, qui vacille aujourd’hui dans un présent aux représentations fort incertaines.
    
Logistiques de l’écrit, par Yves Jeanneret

Il y a quelque chose de pourri au royaume des objets d’art – rêverait peut-être un Hamlet d’aujourd’hui, en allant et venant entre un musée qui ferme et un autre qui s’ouvre, le Trocadéro et le quai Branly, ou encore entre les réserves en sous-sol et les salles d’apparat. Un voyage à travers les limbes de la transmission contemporaine pose la question préjudicielle : qu’est-ce qui distingue un objet d’exposition d’un objet tout court ? Les « arts » de «l ’Art » ?
    

Le livre déplié, par Michel Melot (entretien avec Louise Merzeau)

Un livre capital et récapitulatif de Michel Melot, accompagné de photographies de Nicolas Taffin, a paru aux éditions L’Œil neuf sous le simple titre de Livre,. Constatant que le contenu des livres, textes et images, se retrouve aujourd’hui transféré sur Internet, l’auteur s’attache à comprendre pourquoi la forme du livre continue d’être si pratiquée et résiste à sa puissante concurrence. Henri Michaux disait que la vie réside et résiste dans les plis ; cette intuition, qui intéresse autant le biologiste que le médiologue, se trouve ici développée : c’est en examinant le corps même du livre que l’on explique l’attachement qu’on lui porte, et sa paradoxale bonne santé !
    

Après le journal, les journalistes, par Pierre Assouline

Tenir un blog, écrire des livres, intervenir comme journaliste : ces modes n’ont rien d’incompatible, comme en témoigne Pierre Assouline. Les temps, les formats, les styles, les publics, ne sont pas les mêmes, mais le blogueur-écrivain peut dire lui aussi que « ceci fécondera cela ».
    
Inondation médiatique et presse écrite, par Jean-Marie Charon

De tous les « médias papier », la presse est le plus diversifié. Elle présente donc le plus large spectre d’évolutions possibles. Si la dichotomie presse quotidienne/presse magazine reste essentielle, il faut aussi prendre en compte la périodicité des titres et détailler les réponses des acteurs au défi du numérique, entre le « tout électronique » et l’objet magazine. La dynamique de l’offre sera sanctionnée par les usages et les modèles économiques.
    

Laisser dire, laisser passer, par France Renucci

L’histoire de la liberté d’expression montre que, lorsque les instances politiques acceptent de laisser dire, elles engagent dans le même temps les moyens du laisser passer. Pour évoquer les aides postales de l’État à la presse, il a donc été nécessaire de croiser les trois sources des éditeurs, de La Poste et de l’État.
    
La relation épistolaire, par Paul Oraison

Quand on lui parle de lettre, le médiologue, celui qui regarde le doigt plutôt que la lune, se demande aussitôt ce que fait la police de caractères dans la réception du message. Ou bien il suggère que le message, c’est le papier. Ou bien il entreprend une histoire des instruments d’écriture, ou encore de la poste, et ainsi de suite. Nous l’invitons ici à vaincre ses préjugés pour découvrir enfin ce que la lettre, dépouillée de ses accessoires, dit et fait.
    
            
Truffaut, homme de lettres, par Régis Debray

Pas étonnant que François Truffaut, autodidacte et grand lecteur de romans, ait éprouvé le besoin, entre deux films, de se confier par écrit, âme et cœur. Ce qui nous en dit beaucoup sur un art oublié.
    

Le cauchemar de Proust, par Pierre-Marc de Biasi

Écrire ou téléphoner ? L’alternative s’est posée à Proust, et on mesure par sa correspondance ce que le choix du téléphone nous aurait coûté. Et le mail, et les écrits d’écran ?… Bien loin de fermer au chercheur la grande nuit des brouillons, la nouvelle technologie nous ouvre peut-être leur âge d’or.
    

Défaut de correspondances, par Jacques Lecarme

Tandis que la lettre construit au fil du temps une correspondance, une relation complète où l’attente n’est pas étrangère à la qualité de la jouissance, les nouveaux moyens de communication précipitent la frustration des éjaculations précoces.

La sacoche du facteur, par Marc Pontet

Quand on essaie de saisir, d’un point de vue postal, ce qu’est la réalité du courrier aujourd’hui dans le monde, on est d’abord surpris par l’étonnante disparité du nombre de « plis » reçus par habitant et par an dans les différents pays : entre quelques dizaines à peine et quelques centaines. Ces écarts appellent toutes sortes d’explications, mais nul doute que l’ancienneté et la qualité du service postal sont déterminantes. C’est la raison pour laquelle la poste française continue d’investir dans le courrier, en dépit de prévisions pessimistes, jusqu’à présent régulièrement démenties, sur son avenir. Qu’est-ce qui fait donc tenir le courrier postal     

Vos papiers !, par Daniel Perrin-Dinville

Livret de famille, factures, quittances de loyer, relevés de compte, avis d’imposition : que de papier(s) pour relever les traces de notre existence ! Mais toute cette paperasse ne saurait plus longtemps nous encombrer : un ordinateur, une imprimante, un scanner, le tout connecté à un blockhaus informatique, et la dématérialisation peut commencer.   

Le désordre du discours, par Jean-Rémi Gratadour

L’hypertexte est plus qu’un nouveau mode de lecture-écriture affectant notre rapport avec les textes délivrés de leur « clôture ». Aussitôt rattrapé par la publicité, son principe contamine l’ensemble des médias et les organise en système : de l’hypertexte à l’hypersphère en passant par l’hypermédia. Paradoxalement, cet activisme hypertextuel donne des arguments aux anciens médias, moins astreignants.
    
Paroles d’entreprises, par Entretien avec Jeanne Bordeau

Les idées ne voyagent pas toutes seules, sans risque de se voir dépouiller en chemin de leur seul bagage à valeur déclarée : le sens. L’intégrité sémantique requiert des (a)ménagements. Jeanne Bordeau, qui a fondé et dirige l’Institut de la qualité de l’expression y convie les entreprises et autres institutions. Au-delà, ou plutôt en deçà de l’envahissante communication, nous lui avons demandé de nous entretenir du langage et des discours d’entreprise.
    
          
BONJOUR L'ANCÊTRE
Ici, contre l’amnnésie et la désinvolture, un médiologue d’aujourd’hui célèbre un maître d’hier oublié ou méconnu.

François de Neufchâteau , La craie et l’ardoise
avec Robert Damien

Né en 1750. Mort en 1828. Procureur général à Saint-Domingue, député à la Législative, dont il fut président, il est incarcéré sous la Terreur, mais Thermidor le libère. Ministre de l’Intérieur sous le Directoire, président du Sénat, il fut créé comte de l’Empire. Poète et fabuliste, il est aussi agronome, membre des sociétés d’agriculture, dont il promeut le développement. Spécialiste des tableaux statistiques comme outil de gouvernement, il est l’organisateur de la première exposition publique des produits de l’industrie, ancêtre des futures expositions universelles.
  

SALUT L'ARTISTE
Ici, contre modes et paresses, un coup de projecteur éclaire un coin d’ombre dans la forêt des formes actuelles.

Louise Merzeau par Régis Debray

Pour joindre l’acte à la parole médiologique, la monstration à la prédication, il faut plus que du talent, il faut de l’audace. Louise Merzeau ne manque ni de l’un ni de l’autre. Elle s’implique comme artiste, dans ce qu’elle explique théoriquement, par concepts. Écrivain et photographe, graphiste et imagière, elle a l’hybridité heureuse et radicale. L’hypersphère, elle nage dedans, elle vit avec, elle en fait un exercice visuel et quotidien. Ses montages ne sont pas les illustrations a posteriori d’une thèse d’université ou la transposition sur écran d’une idée du monde : ce sont les symptômes d’un travail en cours, celui du monde d’aujourd’hui, tel qu’il se fabrique, se visionne et se vit en chacun de nous, sur et par l’écran.
      

UN CONCEPT
Un peu de logique s’il vous plaît. Place à une notion fondamentale et fondatrice sévèrement résumée. Parce que la médiologie ne se sait pas science, elle s’exige rigueur et cohérence.

Logistique par Paul Soriano

La logistique est l’art d’acheminer et d’agencer des éléments dispersés en vue de produire un tout organisé. Rien de plus médiologique que l’histoire de la logistique. Elle s’applique en effet d’abord aux choses de l’esprit avant de rejoindre les corps et l’empirie, dont elle tend à nouveau à s’affranchir vers la fin du xxe siècle. En vain : les idées mêmes ne sauraient voyager sans conteneurs. Logistique et sémiotique forment un couple inséparable.
  
            
SYMPTÔMES
Ici, chacun s’en donne à cœur joie et à compte propre sur tel ou tel sémaphore de l’esprit du temps.     
      
Déliaison dangereuse : Quartett, par Daniel Bougnoux
Comment, avec des moyens scéniques, rebondir et renchérir sur le texte des Liaisons dangereuses ? Dans le duel Merteuil-Valmont, chacun se fait d’abord violence à lui-même ; la morale aristocratique consiste à ne pas dépendre, à ne jamais se laisser asservir, fût-ce au plaisir ou au sentiment. Dans cette guerre hégélienne des consciences (des sexes, des conditions…), d’une folle cérébralité, celui qui s’attendrit ou qui « tombe » amoureux a perdu.

Dissonance, par Régis Debray
Objet de spectacle et objet de lecture, le théâtre est né et a grandi entre deux chaises, Michel Vinaver l’a excellement dit et redit. Cet hybride instable, ce mulet improbable, participe à la fois de l’événement, comme acte de représentation, et de la littérature, comme texte stable et pérenne. Et s’il n’en allait pas ainsi, que nous resterait-il aujourd’hui de l’événement Sophocle, ou Shakespeare, ou Brecht ?

Cyrano à la lettre, par Daniel Bougnoux
Pourquoi le retour de Cyrano de Bergerac au Français, malgré la peu enthousiasmante mise en scène de Denis Podalydès, fait-il figure d’événement ? Qu’y a-t-il dans cette pièce, au-delà des rodomontades, des tirades et des mots d’auteur, d’inconditionnellement séduisant, voire d’irrésistible ?

La lettre volée trois fois par le cinéma, ou la relation épistolaire dans « Three Times » de Hou Hsiao-hsien, par Tanguy Bizien
Le cinéaste taïwanais Hou Hsiao-hsien, depuis le début des années 80, ne cesse d’explorer la mémoire de son île en même temps que ses souvenirs personnels. Three Times1, son dernier film, ne déroge pas à la règle, malgré la volonté du cinéaste, énoncée clairement en 1999, de laisser l’histoire de Taïwan derrière lui et de « filmer le présent ».

Saint Paul a-t-il écrit des lettres ?, par Régis Burnet

Pour la culture occidentale dans laquelle nous nous mouvons, l’influence de la correspondance paulinienne sur le genre épistolaire a été décisive. Grâce à Paul, ce moyen de communication un peu fruste – rien ne remplacera la conversation entre amis, martelait déjà le Stagirite et après lui Cicéron, qui voyait dans la lettre un pis-aller au colloquium amicorum – acquit une respectabilité apostolique.

La Poste en garde-fou de La Croix ?, par Antoine Perraud
Pourquoi le quotidien La Croix n’a-t-il pas hurlé avec les loups lors d’affaires qui conduisirent la presse à dénoncer des coupables imaginaires en se fondant sur les imputations de soi-disant victimes : Outreau et son prétendu réseau pédophile, ou Alègre organisant de prétendues soirées sado-masochistes pour des notables de Toulouse lui garantissant l’impunité ?

Comité de rédaction :

Directeur : Régis Debray
Rédacteur en chef : Paul Soriano
Secrétariat de rédaction : Isabelle Ambrosini
Comité de lecture : Pierre-Marc de Biasi ; Jacques Billard ; Daniel Bougnoux ; Pierre Chédeville ; Jean-Yves Chevalier ; Robert Damien ; Robert Dumas ; Pierre d’Huy ; Michel Erman ; Françoise Gaillard ; François-Bernard Huyghe ; Jacques Lecarme ; Hélène Maurel-Indart ; Michel Melot ; Louise Merzeau ; Antoine Perraud ; France Renucci ; Monique Sicard.   

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