Trois siècles de dessins français présentés au musée du Louvre

PARIS. Musée du Louvre du 18 oct. 2007 au 14 janv. 2008. Aile Sully

Publié le vendredi 16 novembre 2007



Le musée du Louvre inaugure avec cette exposition la présentation de dessins français provenant de cabinets étrangers et présente l'une des meilleures collections de dessins français des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles aujourd'hui conservées en Allemagne.


Le fonds du cabinet des dessins du musée de Darmstadt compte plus de 8000 feuilles de toutes les Écoles, dont 489 dessins français des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Ces derniers font l'objet de l'exposition du musée du Louvre, à travers une sélection de 63 feuilles.

Jean Jacques de Boissieu (1736-1810)Étude de paysage (c) Darmstadt, Hessisches Landesmuseum
Jean Jacques de Boissieu (1736-1810)
La présentation met en lumière les grandes dynamiques qui traversent ce fonds à travers une présentation chronologique des oeuvres et des courants esthétiques. La collection révèle ainsi une variété de styles, qui retrace trois siècles d'histoire du goût.

Les feuilles françaises du XVIe siècle, encore imprégnées de style maniériste, sont peu nombreuses mais d'une qualité exceptionnelle (Thiry, Cousin, Delaune). Les dessins du XVIIe siècle témoignent de beaucoup d'originalité avec un bel ensemble de feuilles de la seconde École de Fontainebleau (Fréminet, Cordier, Brébiette, Vignon), et les artistes du règne de Louis XIII (Vouet et ses élèves, La Hyre). Les peintres du temps de Louis XIV sont également bien représentés avec Le Brun, Van der Meulen, La Fosse.

Le fonds exceptionnellement riche en dessins du XVIIIe siècle, expose les meilleurs représentants de la fête galante, avec Gillot ou Watteau et les principaux acteurs du style rocaille, comme Boucher, Pierre, Trémolières, Fragonard. Les paysagistes sont également représentés (Vernet, Hubert Robert, Boissieu) de même que les peintres d'histoire (Berthélemy, Doyen, Greuze) qui orientent progressivement l'art français vers le style sévère du néo-classicisme, lui-même incarné par Peyron, Moitte, Chaudet et Girodet.

Jacques Callot (1592-1635)Projet de décor de théâtre « à l'italienne » avec rues et palais (c) Darmstadt, Hessisches Landesmuseum
Jacques Callot (1592-1635)
C'est grâce au musée de Darmstadt, actuellement en rénovation, que ces oeuvres ont pu voyager jusqu'à Paris. Le cabinet des dessins du Hessisches Landesmuseum de Darmstadt s'est constitué autour de la collection de Emmerich Joseph von Dalberg. Cet aristocrate hessois, né en 1773, fut ambassadeur à la cour de France sous le premier Empire et devint proche de Talleyrand tout en jouissant des faveurs de Napoléon, jusqu'à passer en 1809 au service de la France. Habile diplomate et homme d'affaires, il constitua sa collection auprès de Giovanni Maria et Domenico Artaria à Mannheim mais aussi et surtout à Paris, au début du XIXe siècle, où il put recueillir des lots importants des fameuses collections de Pierre-Jean Mariette et du marquis de Lagoy. Son goût en matière de dessins se façonna dans un souci de connaissance historique dans une logique qui le poussa à ne négliger aucun « petit maître ». Finalement, il céda en 1812 sa collection de dessins à Louis Ier de Hesse, institué grand-duc par Napoléon en 1806. Louis Ier légua par la suite la collection à l'État hessois en 1821.

Commissariat d'exposition :
Dominique Cordellier, conservateur en chef au département des Arts graphiques du musée du Louvre, et Federica Mancini, chargée d'expositions, musée du Louvre.

Musée du Louvre (18 oct. 2007- 14 janv. 2008), aile Sully - 2eme étage, salle 20 à 23. Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 18 h, les mercredi et vendredi jusqu'à 22h. Tarifs : accès avec le billet d'entrée au musée, soit 9 euros, ou 6 euros après 18 heures les mercredi et vendredi.
- Catalogue Dessins français du musée de Darmstadt


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