Helen Levitt à la Fondation Henri Cartier-Bresson

PARIS. Fondation Henri Cartier-Bresson (12 septembre - 23 décembre 2007)

Publié le samedi 22 septembre 2007



La Fondation Henri Cartier-Bresson rend hommage à Helen Levitt, l'une des figures emblématiques de la photographie documentaire du 20ème siècle. L'exposition de la Fondation HCB rassemble une centaine de photographies, noir et blanc et couleur, emblématiques ou inédites, réalisées entre les années 1930 et 1980, à New York et au Mexique.


Helen Levitt. New York. Circa 1940© Helen Levitt / courtesy Laurence Miller Gallery
Helen Levitt. New York. Circa 1940
Aujourd'hui âgée de 94 ans, Helen Levitt a passé sa vie à New York où, dès les années 1930 et pendant plus de 50 ans, elle cherchera par l'alchimie photographique à extraire la beauté du quotidien des espace urbains.

Les photographies d'Helen Levitt magnifient l'imaginaire des enfants en jouant sur le contraste entre la spontanéité de leurs jeux et l'effervescence ou la saleté des rues de Brooklyn, de Harlem ou du Lower East Side. A l'image de cette photographie de 1945 où quelques bulles de savon virevoltent en contrepoids de quatre fillettes vues de dos, la légereté de l'instant saisi se détache de la rude réalité urbaine représentée ici par le mur noir qui impose lourdement sa ligne de fuite.

Influencée par Walker Evans et Cartier-Bresson qu'elle rencontre au début des années 1930, elle adopte le Leica. A la différence du photojournalisme pratiqué par des contemporains comme Ben Shahn ou Walker Evans, son art d'alors ne commente pas une réalité sociale mais donne à voir avec un certain lyrisme la mélancolie de l'instant.

Helen Levitt pose à cette époque son objectif en artiste à la recherche de l'instant de beauté, d'une manière de voir qui trouve son écho dans le titre de son premier ouvrage publié en 1965 : A Way of Seeing. Comme l'écrivait James Soby dans la revue Minicam lors de la publication d'un portfolio des deux photographes : « La photographie d'Helen Levitt et d'Henri Cartier est un art de l'accident poétique, l'enregistrement d'un évènement dans un moment de grande intensité émotionnelle. Tous deux dépendent de leur vision hautement sensible et intuitive qui va révéler un moment qu'ils vont enregistrer immédiatement avec un minimum de calculs techniques. »

Mais les photographies en couleur présentées au deuxième étage de l'exposition, prises à partir de la fin de années 1950 et jusqu'au début des années 1990, font état d'une évolution sensible du point de vue porté sur la réalité qui devient ici plus grave, plus préoccupé. La solitude urbaine transperce le regard de nombreux portraits. Et même si les enfant sont ici toujours rieurs, ils n'évoquent plus l'insouciance des clichés antérieurs qui pourtant trahissaient souvent des milieux modestes ou pauvres. Les graffitis d'enfants à la craie cèdent alors la place aux tags qui rejoignent la toile de fond bariolée du paysage urbain et ne semblent plus intéresser directement l'objectif.


La plupart des tirages exposés à la Fondation HCB a été empruntée à la galerie Laurence
Miller de New York et à des institutions publiques françaises et à des collectionneurs privés. Le talent d'Helen Levitt a été reconnu très tôt par les grandes institutions américaines :
Steichen lui consacra une exposition individuelle en 1943 au Musée d'Art Moderne de New
York (MoMA).


Fondation Henri Cartier-Bresson
2, impasse Lebouis, 75014 Paris
Tel : 01 56 80 27 00 / fax : 01 56 80 27 01
contact@henricartierbresson.org
www.henricartierbresson.org

Du mardi au dimanche de 13h00 à 18h30
Le samedi de 11h00 à 18h45
Nocturne gratuite le mercredi de 18h30 à 20h30
Fermé lundi et jours fériés
Tarifs : plein tarif 6 euros ; tarif réduit 3 euros


Imprimer cet article

Dans la même rubrique
Expositions à Paris

Voir tous les articles de la rubrique Expositions à Paris