Revue Médium N°35 : Ruptures Techniques et Continuité Culturelle - avril-mai-juin 2013

Médiologie - Editions Editions Babylone - Broché - Textes en Français

Revue trimestrielle dirigée par Régis Debray. Sommaire : L’immuable et le mutant  par Daniel Bougnoux et Régis Debray ; Soldat augmenté, victoire fragilisée  par Caroline Galactéros-Luchtenberg ; Révolution médicale  par Lucien Gérardin ; Du « soin »  par Frédéric Worms ; Le paradoxe du continu  par Jean-Yves Chevalier (...).

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Référence LIV_1600000090002
Artiste-Genre Médiologie
Auteur(s) Sous la direction de Régis Debray
Editeur(s) Editions Babylone
Format Broché
Langue Français
Dimensions 190 x 170
Date parution janvier-février-mars 2013

L’immuable et le mutant  par Daniel Bougnoux et Régis Debray
La critique médiologique tire au jour les attaches mal élucidées entre nos équipements ou médiations techniques, d’un côté, et nos performances symboliques, de l’autre. Celui qui demande ce que font nos outils successifs aux formes de l’esprit met à mal les permanences ou les substances supposées stables : si tout dépend toujours, à quelque degré, d’un facteur technique plus ou moins caché, alors il faut admettre que nos points fixes sont eux-mêmes sujets à évolution. Cette hypothèse, nous avons voulu la vérifier sur le terrain concret d’un certain nombre de disciplines ou de professions, en cherchant à saisir ce que la révolution informatique, aujourd’hui même, a changé dans leur pratique.
 
Soldat augmenté, victoire fragilisée  par Caroline Galactéros-Luchtenberg
La guerre a-t-elle changé de nature ou de visage avec la révolution numériques ? Quoi qu’il en soit, la surpuissance technologique des armées occidentales n’est nullement synonyme de suprématie sur le terrain. Elle peut accroître leur vulnérabilité, déshumaniser l’adversaire, interdire la victoire, tout en posant de redoutables questions éthiques.
En ces temps d’innovation technologique permanente, le combattant postmoderne se prend à rêver d’un face-à-face sans vis-à-vis. L’enjeu de l’affrontement n’est rien de moins que la survie d’un modèle de développement déclinant. La peur a changé de camp.
Caroline Galactéros-Luchtenberg, docteur en science politique (Paris I-Sorbonne), auditeur de l’Institut des hautes études de la Défense nationale (AA59), est spécialiste des questions balkaniques. Elle a longtemps travaillé dans l’évaluation et la prospective stratégiques pour les services de l’État. Aujourd’hui directeur de séminaire à l’École de guerre, colonel dans la réserve opérationnelle des armées, elle dirige une société de conseil et de formation en intelligence stratégique, et s’intéresse notamment aux enjeux liés à l’éthique dans ses rapports avec les questions de puissance, d’influence, de leadership et de négociation (civile et militaire).
 
Révolution médicale  par Lucien Gérardin
Dans quelle mesure l’essor sans précédent des technologies numériques affecte-t-il l’exercice de la médecine, et à quelles mutations conduit-il ? Quelles en sont les promesses ou les possibles périls ? Des approches les plus enthousiastes aux plus sceptiques, les réponses apportées divergent. D’où l’urgence d’une mise au point synthétique.
« Il faut mettre de l’esprit dans les choses, ne pas se borner à elles. »
François Dagognet

L’ampleur et la fulgurance du développement du numérique depuis dix ans dans le secteur de la santé s’apparentent aujourd’hui à une véritable révolution copernicienne. En quelques clics, le malade s’est retrouvé au centre d’une galaxie d’expertise et d’intelligence partagées des savoirs médicaux, où la place du médecin se dilue dans un partenariat avec son patient. Cela n’a pas peu contribué à faire descendre Diafoirus de son Olympe. Au même titre que le secteur bancaire ou que celui du pilotage des avions, la santé connaît une avalanche numérique qui modifie profondément son économie et ses usages.
Lucien Gérardin est directeur d’hôpital, consultant formateur en organisation hospitalière, Senlis.
 
Du « soin »  par Frédéric Worms. Entretien avec Daniel Bougnoux
Comment le temps technique rencontre-t-il le temps médical, et notamment cette somme obscure d’actes et d’attitudes que résume la notion de « soin » ? Et comment cette notion, à son tour, sous le terme anglais de care, a-t-elle débordé ce contexte pour instituer un « paradigme » majeur des sciences sociales ? Philosophe du soin, Frédéric Worms précise ici quelques enjeux et difficultés de cette approche transdisciplinaire.
Vous présentez le soin ou le care comme quelque chose de premier, de fondateur, donc peut-être de primaire au sens freudien, c’est-à-dire relevant d’un processus qu’il appelle « zeitlos », sans temporalité ni inscription bien définies dans l’histoire, et que l’évolution technique ne risque donc pas de modifier fondamentalement dans sa nécessité. Pourriez-vous préciser cette sous-jacence du soin à travers notre vie relationnelle, où il tient une place qui déborde par principe la médecine, et lui donne aussi un cadre ?
Frédéric Worms est professeur à l’université Lille III et directeur du Centre international d’études de la philosophie française contemporaine à l’École normale supérieure. Il a notamment publié Le Moment du soin, À quoi tenons-nous ?, PUF, 2010, et Soin et politique, PUF, 2012.
 
Le paradoxe du continu  par Jean-Yves Chevalier
Le numérique favorise étrangement une dissolution des discontinuités. Dans tous les domaines : aménagement de l’espace, représentation des rapports sociaux, place assignée à l’humanité dans la vision du monde. Mais ne s’agit-il pas d’une illusion de continuité ?
Quand on voit l’accueil fait à une réhabilitation mesurée de la notion de frontière, on se dit que l’on ne devrait pas aggraver son cas en parlant de discontinuité. Car la frontière est ligne, poreuse – dans les bons cas –, lieu d’échanges et de mise en contact, là où la discontinuité suppose la mise à distance, la non-contiguïté. Des mots désagréables commencent à siffler aux oreilles : discrimination, ségrégation…
Jean-Yves Chevalier est professeur de mathématiques en classe préparatoire aux grandes écoles au lycée Henri-IV à Paris.
 
Musique, l’élargissement des possibles  par Michel Tabachnick
Tant dans l’édition que dans la composition et l’exécution de la musique classique ou savante, l’informatique a apporté de considérables facilités et améliorations. Mais, outre que la technologie n’est pas responsable d’une certaine désertion du public, on ne peut y voir qu’un moyen de plus offert à l’imagination créatrice.
Diriger un orchestre ou exécuter de la musique, symphonique, de chambre ou solistique, revient en fait à lire une partition. Aujourd’hui, la musique est publiée sur papier, et ce depuis le début de l’imprimerie. Il y a une bonne trentaine d’années, il y avait encore chez les éditeurs musicaux des graveurs qui, un peu à la manière d’un typographe composant un livre à l’aide de caractères mobiles, gravaient les notes sur des plaques, une à une, avec des chablons et poinçons. Toutes les partitions se faisaient à la main. Le travail était long et minutieux.
Michel Tabachnick, compositeur, est également chef d’orchestre. Avec le Brussels Philharmonic, il a donné un concert où, pour la première fois, les musiciens lisaient sur des tablettes d’ordinateur à la place des partitions traditionnelles de papier.
 
L’écoumène à l’ère numérique  par Jean-Louis Tissier
Notre manière d’habiter le monde, notre écoumène, et de le connaître par la géographie a-t-elle été radicalement bouleversée par les NTIC ? Les cataractes de pixels nous masquent-elles les paysages ? L’ubiquité du GPS nous prive-t-elle du sens du chemin ? Réponse d’un maître géographe.
Le croisement de la sphère numérique avec l’antique notion d’écoumène, clé de voûte de la géographie humaine, pouvait faire craindre une collision, la portée réflexive – voire méditative – de l’oikos volant en éclats sous le bombardement informatique des mesures de toute nature. Heureusement, la tradition positive du savoir géographique, issue d’ératosthène, ménageait autour de l’écoumène des couches méthodiques dans lesquelles le météore numérique a été filtré, domestiqué, pour devenir une pluie salutaire irriguant à la fois la connaissance et la réflexion.
Jean-Louis Tissier, géographe et professeur émérite à Paris I Panthéon-Sorbonne, membre de l’UMR CNRS 8504 Géographie-cités, a dirigé l’École doctorale de géographie (Paris I, IV et VII) de 2006 à 2009. Dernière publication : Deux siècles de géographie française, une anthologie, avec Marie-Claire Robic et Philippe Pinchemel, Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 2011.
 
L’archéologie virtuelle  par Julien Chanteau
L’image d’Épinal de l’archéologue couvert de poussière nettoyant méticuleusement au pinceau les bords d’une jarre millénaire constitue toujours un topos fort de notre imaginaire collectif. Dans le même temps, l’usage de la 3D pour la restitution de sites et de monuments archéologiques, récemment illustré par les modélisations en réalité virtuelle augmentée, créées par la société Dassault Systèmes, du plateau des pyramides de Gizeh et des monuments de la ville de Paris, donne à voir au grand public une archéologie hypermoderne, pouvant même tenir sa place dans les industries du rêve. Faut-il dès lors imaginer que l’archéologue du XXIe siècle travaille avec une truelle dans une main et une tablette numérique dans l’autre ?
Les techniques d’acquisition des données de terrain ont opéré ces dernières années un saut qualitatif majeur, l’archéologue disposant aujourd’hui de moyens qui auraient paru il y a peu relever du domaine de la science-fiction. À l’échelle régionale, les procédés de télédétection permettent désormais, à l’aide de logiciels parfois gratuits et aux interfaces conviviales, de repérer quantité de sites inédits situés dans les régions les plus difficiles d’accès, voire de réaliser des relevés sommaires, et ce depuis un simple poste connecté à Internet.
Julien Chanteau, titulaire d’un doctorat en archéologie portant sur l’apparition des premiers lieux de culte au Levant ancien, a participé à de nombreuses fouilles archéologiques en France et au Proche-Orient. Il a dernièrement coordonné une formation technique et scientifique auprès des agents de la Direction générale des antiquités du Liban.
 
Une locomotive dans la forêt vierge  par Émilie Frémond
Qu’aurait répondu Breton à la question de savoir ce que l’ordinateur ou les « nouvelles technologies » faisaient à l’activité surréaliste ? En se réclamant du temps long des fossiles glanés en Gaspésie, ou des galets du Lot, l’invention de l’ancien à l’ère du surréalisme en appelle à l’inépuisable et immaîtrisable nature, façon de situer sa « révolution » très au-delà de nos ruptures, techniques ou politiques.
Si l’on invente généralement du nouveau, avec plus ou moins de bonheur, comment inventer de l’ancien, si l’on décidait de prendre au pied de la lettre cette invention de la nature que les historiens de l’art nous proposent, en parfaite intelligence avec les sémiologues et les anthropologues ? Loin de faire resurgir un improbable démiurge, l’invention de la nature opère, on le sait, un nécessaire désenchantement. Elle oblige à transformer ce fond sur lequel nous aimerions faire fonds en mythe collectif, un mythe qu’il importe donc de dater, de situer, et dont il convient surtout d’analyser les structures, plutôt que de trouver les auteurs, partis sans laisser d’adresse.
Émilie Frémond, docteur en lettres modernes, a soutenu en juin 2012 à Paris IV une thèse intitulée « Le surréalisme au grand air, inventaire et aventures d’une pensée de la nature » ; elle vit et enseigne actuellement à Chambéry.
 
La littérature fait de la résistance  par Hélène Maurel-Indart
Les grands bouleversements en littérature ne sont pas redevables à ses moyens de production ou à ses canaux de transmission. Ils accompagnent en les exprimant les ruptures de nature idéologique, sociale et politique. L’usage esthétique du langage ne survit-il pas aux révolutions techniques ?
Qu’Eschyle ait manié le stylet ou le calame importe peu. Qu’Euripide ait gravé les lamentations d’Électre sur le rouleau de papyrus, sur le codex de parchemin ou sur le papier n’y change rien. Et ni l’un ni l’autre n’écrivait avec un traitement de texte. Euripide donne la parole à un individu pétri de doutes parce qu’il écrit pendant la longue et pénible guère du Péloponnèse entre Athènes et Sparte, et parce qu’à ce moment-là les premiers sophistes comme Protagoras prônent la raison critique et mettent en cause le fondement des croyances traditionnelles. Il participe donc pleinement au renouveau intellectuel de la seconde moitié du Ve siècle avant J.-C.
Hélène Maurel-Indart, agrégée de lettres modernes, est professeur de littérature française du XXe siècle à l’université de Tours. Spécialiste des questions de plagiat, d’influence et d’intertextualité, elle leur a consacré plusieurs essais, dont Du plagiat, Gallimard, « Folio Essais », 2011, et Petite Enquête sur le plagiaire sans scrupule, Léo Scheer, 2013. Site Internet : leplagiat.net
 
Lire Jules Verne aujourd’hui ?  par Jean-Paul Dekiss
Dès lors que le progrès n’est plus notre mythe porteur, l’auteur des Voyages extraordinaires doit-il être renvoyé au musée ? La parution récente de quatre romans de Jules Verne dans la collection « Pléiade » pose la question de l’actualité de ce chantre des transformations techniques.
La façon dont nous traitons notre histoire détermine-t-elle la façon dont les générations futures traiteront la nôtre ? La question se pose, me semble-t-il, concernant l’actualité de Jules Verne en 2013 au regard du traitement qu’il fait de l’actualité entre 1850 et 1900. En d’autres termes, le traitement qu’il applique à l’actualité de son temps détermine-t-il le traitement que nous lui appliquons à lui, dans notre actualité, un siècle à un siècle et demi après la parution de ses livres ? Si le progrès comme mythe porteur des sociétés démocratiques s’est effacé sans que nous puissions déterminer un mythe porteur nouveau, y a-t-il encore un intérêt à lire une oeuvre fondée sur le mythe passé ? Un intérêt historique et littéraire, ainsi que pour tout « grand écrivain », probablement.
Jean-Paul Dekiss, scénariste, réalisateur et producteur de films, est fondateur de la Revue Jules Verne (1996) et de la Maison de Jules Verne à Amiens, qu’il a dirigée de 2007 à 2011. Il a présidé la Fédération des maisons d’écrivains et des patrimoines littéraires de 2000 à 2002, et en 2011 il a lancé les résidences internationales d’écrivains « Romanciers & poètes, écrire le travail », dont la première publication paraîtra en 2013.
 
Apocalypse now  par Régis Debray
Un certain ton apocalyptique semble gagner les meilleurs essais contemporains. Le temps pivote sur ses gonds. Évidents sont les effets des ruptures instrumentales. Faut-il pour autant dire adieu aux soubassements constitutifs de la condition humaine ? Il est permis d’en douter.
Désenchanté, notre vieux monde ? Les NTIC accouchent apparemment de l’homme nouveau, Paul de Tarse revient parmi nous, l’année zéro, c’est aujourd’hui. La Grande Espérance ne hante plus les prêtres, ni les politiques, dont c’était pourtant la profession. Qui se souvient de M. Duisenberg, de la Banque centrale européenne, nous annonçant que « l’introduction des billets en euros apparaîtra dans les livres d’histoire de tous nos pays et même d’ailleurs comme le début d’une nouvelle ère en Europe » ? Ces palingénésies économico-politiques sont jeux d’enfants à côté des aurores numériques. Il va devenir difficile de distinguer entre sciences sociales et science-fiction. Nos meilleurs auteurs, sociologues et philosophes, ne flirtent-ils pas avec le septième sceau ?
Régis Debray, retraité. Derniers livres : Modernes Catacombes, Gallimard, 2013, et Le Bel Âge, Flammarion, 2013.
 
Viscosités pragmatiques  par Daniel Bougnoux
Le flot des innovations ou des marchandises nous pousse en avant pour trouver du nouveau ; cette course impitoyable a pourtant sa butée dans nos relations pragmatiques, qui valorisent un temps lent et long, et changent l’obstacle de l’archaïsme en gage de succès. L’effet jogging des médiologues demande à être explicité.
J’aimerais ouvrir cette réflexion à partir d’une distinction que j’ai souvent martelée, mais qui ne va pas sans difficultés, celle qui oppose les relations techniques, qui relient le sujet à l’objet, aux relations pragmatiques, qui relient les sujets entre eux. Les premières sont banalement descendantes : en droit (sinon toujours en fait), le sujet domine l’objet et peut donc programmer ses usages, ou anticiper son fonctionnement.
Daniel Bougnoux, philosophe, est professeur émérite à l’université Stendhal de Grenoble III, et collaborateur de la revue Médium. Dernier livre paru : Aragon, la confusion des genres, Gallimard, 2013.
 
 
BONJOUR L’ANCÊTRE

Edmond About et la momie du logis, par Antoine Perraud
Edmond About (1828-1885), normalien de la promotion de 1848 – qui comptait Francisque Sarcey et Hippolyte Taine –, interrogea la modernité avec une naïveté calculée ; celle qu’allait revendiquer la médiologie en regardant avec application le doigt du prétendu sage censé montrer la lune. Edmond About pensait de surcroît son temps hors des pesantes démonstrations : il usait de la farce conscientisée. Le plus sérieux qu’il put fut de pousser jusqu’au pamphlet…
Antoine Perraud, journaliste à Mediapart, est critique littéraire pour La Croix et producteur de « Tire ta langue » sur France Culture.
 
 
SALUT L’ARTISTE

Guy Limone, par Françoise Gaillard
Guy Limone est un artiste qui joue avec les mots, avec les chiffres, avec les formes, avec les couleurs, avec le désordre du monde dissimulé sous un empilement de statistiques.
Françoise Gaillard enseigne l’esthétique et l’histoire des idées à l’université de Paris Denis Diderot et à la New York University (New York). Elle est chercheur à l’Institut de la pensée contemporaine et membre de diverses revues scientifiques ou généralistes, parmi lesquelles L’Agenda de la pensée contemporaine, Médium, Esprit. Elle a publié La Modernité en question (en collaboration avec Jacques Poulain), Cerf, 1993, Diana crash, Descartes & Cie, 1998, Cachez ce sexe que je ne saurais voir, Dis Voir, 2003.
 
 
PENSE-BÊTE

Comité de rédaction :

Directeur : Régis Debray
Rédacteur en chef : Paul Soriano
Secrétariat de rédaction : Isabelle Ambrosini
Comité de lecture : Pierre-Marc de Biasi ; Jacques Billard ; Daniel Bougnoux ; Pierre Chédeville ; Jean-Yves Chevalier ; Robert Damien ; Robert Dumas ; Pierre d’Huy ; Michel Erman ; Françoise Gaillard ; François-Bernard Huyghe ; Jacques Lecarme ; Hélène Maurel-Indart ; Michel Melot ; Louise Merzeau ; Antoine Perraud ; France Renucci ; Monique Sicard.   

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