Revue Médium N°8 - juillet-août-septembre 2006

Médiologie - Editions Editions Babylone - Broché - Textes en Français

Revue trimestrielle dirigée par Régis Debray. Sommaire : Le médiologue et les médias, par Régis Debray ; Maudits médias, par Daniel Bougnoux ; Du musée de l’Homme au quai Branly, par Patrick Prado ; Le « dialogue interreligieux » : une formule creuse ?, par Jean-Christophe Attias ; Un lieu médium : l’église de la Madeleine, par Albert Lévy ; Faisons un rêve : l’uniforme à l’école (...).

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Référence LIV_1600000320000
Artiste-Genre Médiologie
Auteur(s) Sous la direction de Régis Debray
Editeur(s) Editions Babylone
Format Broché
Langue Français
Dimensions 190 x 170
Date parution juillet-août-septembre 2006

Le médiologue et les médias, par Régis Debray

Paradoxe : c’est Le Débat qui parle médias, non Médium. Pourquoi ce chassé-croisé, entre une excellente revue généraliste qui consacre deux numéros au médiatique contemporain et une non moins bonne revue médiologique qui sur le sujet reste discrète, et moins portée aux vues d’ensemble ? Parce que la médiologie s’occupe des médiations, dans l’histoire longue, dont nos actuels mass-médias sont un cas de figure – parmi d’autres. Une mise au point.

Régis Debray, dernier livre paru, Supplique aux nouveaux progressistes du XXIe siècle, Gallimard, 2006
    
      
Maudits médias, par Daniel Bougnoux

Sur la question des médias, décidément ressassée, interminable, la médiologie ne snobera pas le débat. L’objet-média, celui qu’on aime haïr, mal dit, maudit, nous réserve encore des surprises, et d’improbables envies : on y revient toujours, tous nos chemins s’y croisent mais personne n’aura, à l’ombre de ce marronnier médiatique, le dernier mot.

Daniel Bougnoux est professeur émérite en sciences de la communication à l’université Stendhal de Grenoble.
    
Du musée de l’Homme au quai Branly, par Patrick Prado

Il y a quelque chose de pourri au royaume des objets d’art – rêverait peut-être un Hamlet d’aujourd’hui, en allant et venant entre un musée qui ferme et un autre qui s’ouvre, le Trocadéro et le quai Branly, ou encore entre les réserves en sous-sol et les salles d’apparat. Un voyage à travers les limbes de la transmission contemporaine pose la question préjudicielle : qu’est-ce qui distingue un objet d’exposition d’un objet tout court ? Les « arts » de «l ’Art » ?

Patrick Prado (art vidéo - cnrs) à la poursuite des gens et des objets abandonnés, prospecteur de secrets bien gardés dans les greniers de l’enfance.
    
Le « dialogue interreligieux » : une formule creuse ?, par Jean-Christophe Attias

La formule est à la mode. Elle répond à un désir sincère de nos églises, et sans doute à un besoin vital de nos civilisations. Mais si l’on sait pourquoi dialoguer, encore faut-il savoir comment, à quelle fin, et sur quoi au juste. Chercheur rigoureux, l’auteur de ces lignes, historien du judaïsme médiéval, remet l’actualité en perspective, sans ménagements superflus.

Jean-Christophe Attias est directeur d’études à l’EPHE, spécialiste du judaïsme médiéval. Il est l’initiateur avec Esther Benbassa du « Pari(s) du Vivre-Ensemble » (19-26 mars 2006). Dernier ouvrage publié : Juifs et musulmans. Une histoire partagée, un dialogue à construire, Paris, La Découverte, 2006 (dir., avec Esther Benbassa).
    
Un lieu médium : l’église de la Madeleine, par Albert Lévy

Les églises, lieux de prières ? Oui, mais aussi des enjeux pour l’autorité. Ces médiums de pierres peuvent se lire comme d’exemplaires machines à faire croire, logiquement convoités par les pouvoirs séculiers. L’église de la Madeleine en fait partie. Une visite des lieux.

Albert Lévy est architecte, chercheur CNRS, ses recherches portent sur le projet architectural et urbain. Dernier livre paru : Les machines à faire-croire, I-Formes et fonctionnements de la spatialité religieuse, Anthropos/Economica, Paris, 2003. En préparation, La Madeleine et le Panthéon, Les machines à faire-croire, II-Pouvoir de l’espace pouvoir de l’image, Anthropos/Economica (à paraitre fin 2006)
    
Faisons un rêve : l’uniforme à l’école, par Daniel Faivre

Un témoignage sur le vif, doublé d’une proposition aussi pertinente qu’impertinente. À l’occasion d’un jumelage avec un lycée cambodgien, un professeur de Courbevoie découvre le fossé des mentalités, entre deux jeunesse de même génération, notamment autour de l’uniforme scolaire. Et si on osait…

Daniel Faivre, né avec la seconde guerre mondiale, est professeur de français engagé en 1968, longtemps responsable local du SNES. Itinéraire varié, du lycée Saint-Louis aux collèges de banlieue et auteur d’ailleurs d’un essai sur ceux-ci : Ta Mère Point Com.
    
Une technique de transmission : le secret, par François-Bernard Huyghe

Si toute transmission exige un corps spécialisé, les sociétés secrètes constituèrent historiquement le noyau dur de celui-ci. Mais le secret est aussi le sel de nos vies : être un sujet (moral, psychologique, politique), c’est avoir des secrets. Il est donc logique que nos sociétés dites d’information accordent un pouvoir croissant à toutes sortes de secrets, économiques, stratégiques, scientifiques, bancaires… La transparence des affaires humaines n’est pas pour demain.

François-Bernard Huyghe est docteur d’État en Sciences Politiques, habilité à diriger des recherches en sciences de l’information et communication. Il intervient comme formateur et consultant. Dernier livre paru : Comprendre le pouvoir stratégique des médias, Eyrolles, septembre 2005.
    
Espace et politique en Afrique du Sud, par Johann Rossow

Gouverner, c’est toujours relever le défi des distances à franchir. Et la communication commence avec la domination et l’unification de diverses espèces d’espaces. Dans un pays aussi étendu que l’Afrique du Sud, réunir et tenir séparés (par l’apartheid) différents groupes ethniques a supposé, depuis les débuts de la colonisation, une gestion très matérielle de la distance.

Johann Rossow est rédacteur du Die Vrye Afrikaan, mensuel qui édite l’edition sud-africaine du Monde diplomatique, philosophe, écrivain et traducteur.
    
Le baptême des morts : une transmission rétroactive, par Bernadette Rigal-Celard

Les recherches généalogiques des Mormons ont pour finalité d’offrir aux défunts l’accès au salut en leur administrant un baptême par procuration. Comme chaque baptisé doit être rigoureusement nommé, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a entrepris de microfilmer ou d’enregistrer tous les documents écrits ou sonores permettant d’identifier jusqu’à l’humanité tout entière. Au-delà du pittoresque américain, une illustration des liens entre nouvelle spiritualité et nouvelles technologies.

Bernadette Rigal-Cellard est spécialiste des religions nord-américaines, professeur à l’Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3 (UFR des Pays Anglophones). Elle y est responsable du Master interdisciplinaire « Religions et sociétés ».
    
Vitalité du théâtre anglais, par Nicole Boireau

Le théâtre se porte assez bien au pays de Shakespeare. Mieux qu’en France ? Si juger, en art, c’est comparer, rien de plus opportun qu’un parallèle entre les prestiges et la popularité de l’écriture dramatique en Grande-Bretagne et leur équivalent dans l’hexagone. Une leçon de réalisme, voire d’humilité.

Nicole Boireau est professeur de langue et littérature anglaise à l’université Paul Verlaine-Metz. Dernier livre paru : Théâtre et société en Angleterre dans les années 1950 à nos jours, PUF, Paris, 2000.
    
Valéry et le devoir de fiction, par Joël Loehr

Sans le secours de fictions, il n’est pas d’ordre civilisé qui tienne. On savait déjà Valéry médiologue, mais rappelons qu’il n’a pas seulement annoncé « l’ère de l’ubiquité ». Les communautés, dit-il, sont imaginaires ou ne sont pas, et chaque fiction appelle son monument approprié de coordination. « L’ère du fait » n’est-il pas fatal à l’union politique de l’Europe ?

Joël Loehr est chercheur associé à Paris III.
   


BONJOUR L'ANCÊTRE
Ici, contre l’amnnésie et la désinvolture, un médiologue d’aujourd’hui célèbre un maître d’hier oublié ou méconnu.

Marshall Mc Luhan, avec Catherine Bertho-Lavenir

Dans toutes les familles il y a un aïeul un peu excentrique dont on ne sait trop s’il fait honneur à la lignée ou s’ils est légèrement embarrassant. C’est le cas de Marshall Mc Luhan. On reproche bien souvent à l’auteur de La Galaxie Gutenberg 1 et de Pour comprendre les médias 2 un goût pervers pour le mélange des disciplines ainsi qu’un coupable penchant pour des formes d’écriture non académiques. Pourtant si, à l’orée des années 1960, il séduisait ingénieurs et historiens, informaticiens en herbe et télécommunicants en devenir, c’est pour une autre raison. Dans des sociétés confrontées à l’irruption des technologies de la communication, ses livres successifs s’ordonnaient peu à peu en une bible foisonnante et baroque, fondée sur l’idée forte que la technique devrait être replacée au cœur de la réflexion sur l’histoire des sociétés. Idée que ne réfuterait aucun médiologue qui se respecte. Cependant, de livre en livre, Marshall Mc Luhan s’est forgé chez les gens de bien une image déplorable. Ce Canadien iconoclaste a franchement exagéré : affirmer sans broncher que le « message, c’est le massage 3 » et soutenir que le contenu des livres n’a aucune importance en a choqué plus d’un. D’où cette mauvaise réputation. Le procès pourtant ne mérite-t-il pas d’être réinstruit ?

Catherine Bertho-Lavenir est, avec Frédéric Barbier, l’auteur d’une Histoire des médias, de Diderot à Internet, chez Armand Colin (dernière édition 2004). Professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris III-Sorbonne nouvelle, elle va occuper, à partir de septembre 2006, la chaire « Étude de la France contemporaine » à l’université de Montreal.
 

SALUT L'ARTISTE
Ici, contre modes et paresses, un coup de projecteur éclaire un coin d’ombre
dans la forêt des formes actuelles.

Andy Goldsworthy par Daniel Bougnoux

Andy Goldworthy est né en Angleterre en 1956. Il est établi depuis 1986 à Penpont, en Écosse. Son travail, réalisé dans des lieux aussi divers que le Pôle nord, le désert australien, le Japon ou la ville de Digne (Alpes de Haute-Provence), a fait l’objet de nombreuses expositions, notamment sur les toits du Metropolitan et du Jewish museum de New York. La galerie Lelong, à Paris, l’a exposé en 2006 pour la troisième fois.
Le film Rivers and tides (2005) est disponible en DVD. Un ouvrage, Passage (2004, Anthèse. 30, avenue Jean Jaurès. 94117 Arcueil) donne également une riche présentation de son œuvre.
    


UN CONCEPT
Un peu de logique s’il vous plaît. Place à une notion fondamentale et fondatrice sévèrement résumée. Parce que la médiologie ne se sait pas science, elle s’exige rigueur et cohérence.

Représentation

Représenter implique généralement l’extraction d’un schème à partir d’un territoire et sa transposition dans un autre monde – dont les matériaux, les supports ou l’élément sont plus diaphanes ou faciles à manier – appelé carte ; cette opération de substitution ou d’allègement tient nos deux termes fermement séparés de part et d’autre de la « coupure sémiotique » : le signe n’est pas la chose, le mot chien ne mord pas – non plus que son image d’ailleurs. Et « ceci n’est pas une pipe » (vous ne pouvez pas la fumer). Cette coupure qualifie donc l’accès au symbolique, soit un certain propre de l’homme.
     

SYMPTÔMES
Ici, chacun s’en donne à cœur joie et à compte propre sur tel ou tel sémaphore de l’esprit du temps.     
            
Défense et illustration du cycliste et du piéton, par Gaspard-Marie Janvier
Gaspard-Marie Janvier. est écrivain.

Libraires télégéniques : la fonction « coup de cœur », par Guillaume Zorgbibe. Guillaume Zorgbibe est doctorant en philosophie politique à Paris IV-Sorbonne, membre associé du groupe de recherche ETOS de l’INT-Management et éditeur aux Éditions du Sandre.

Injustes radars, par Maurice Sachot
Maurice Sachot est professeur en sciences de l’éducation à l’université Marc Bloch (Strasbourg).

Pinault Show, par Daniel Bougnoux

Hamlet en une heure vingt, par Daniel Bougnoux

Correspondance : pour un courrier des lecteurs ?, par Gilles Clamens et Antoine Perraud

Comité de rédaction :

Directeur : Régis Debray
Rédacteur en chef : Paul Soriano
Secrétariat de rédaction : Isabelle Ambrosini
Comité de lecture : Pierre-Marc de Biasi ; Jacques Billard ; Daniel Bougnoux ; Pierre Chédeville ; Jean-Yves Chevalier ; Robert Damien ; Robert Dumas ; Pierre d’Huy ; Michel Erman ; Françoise Gaillard ; François-Bernard Huyghe ; Jacques Lecarme ; Hélène Maurel-Indart ; Michel Melot ; Louise Merzeau ; Antoine Perraud ; France Renucci ; Monique Sicard.   

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