Exposition Lewis Hine, photographies

Une exposition présentée à la Fondation Henri Cartier Bresson, Paris (7 septembre - 18 décembre 2011 )

Publié le mardi 27 septembre 2011



La rétrospective "Lewis Hine" à la Fondation HCB couvre l'ensemble de la carrière du photographe depuis les portraits d'immigrants débarquant à Ellis Island, les enfants au travail, la construction de l'Empire State Building jusqu'aux reportages en Europe à la fin de la première guerre mondiale. Des documents inédits, récemment acquis par Rochester seront également présentés.


Lewis Hine (1874-1940)Jeune juive à Ellis Island, 1905 © Lewis Hine / collection George Eastman House, Rochester
Lewis Hine (1874-1940)
Lewis Hine voulait créer une image « plus réelle que la réalité elle-même ». Aujourd'hui reconnu comme l'un des pionniers de la photographie sociale, Hine écrit en 1933 : C'est au nom de la force expressive et non de l'emphase que je sélectionne les visages les plus marquants pour mes portraits industriels, parce que c'est la seule façon de traduire ma conviction qu‟au bout du compte, le plus important c'est l'esprit humain.

L'exposition de la Fondation HCB rassemble environ 150 tirages originaux en noir et blanc provenant de la George Eastman House, International Museum of Photography and Film de Rochester.

En travaillant, à partir de 1906 pour le National Child Labor Committee (NCLC), la Croix-Rouge américaine ou la Works Progress administration, Lewis Hine utilise la photographie pour défendre les causes auxquelles il tient. Il se concentre sur « la part visuelle de l'éducation », n'hésitant pas à mettre en scène certaines de ses images pour mieux convaincre.

Lewis Hine (1874-1940)Icare au sommet de l'Empire. State Building, 1931 © Lewis Hine / collection George Eastman House, Rochester
Lewis Hine (1874-1940)
Éveiller une prise de conscience et donner une image positive de ses sujets, tel est le principe des photographies de Hine. C'est à Ellis Island qu‟il mettra pour la première fois ce principe en pratique. Armé d'un équipement encombrant et obsolète, Hine fait le portrait de centaines d'immigrants venus chercher aux États-Unis de meilleures conditions de vie.

À cette époque et jusque dans les années 1920, les États-Unis sont portés par la révolution industrielle qui entraîne des réformes sociales, économiques et politiques. Les enquêtes photographiques pour le NCLC ou pour les revues comme The Survey vont se multiplier ; Hine va parcourir des milliers de kilomètres pour rendre compte des conditions de travail des enfants ou des ouvriers. Les Américains découvrent des enfants travaillant dans les champs de coton ou dans les mines, des familles regroupées dans des taudis.

Hine est, depuis le début de sa carrière lié à ce milieu progressiste qui cherche à rendre compte des bouleversements que connaissent les États-Unis. Ses reportages contribuent à diffuser cet esprit réformiste et à une meilleure prise de conscience des problèmes.

À la fin de la première guerre mondiale, Hine est embauché par la Croix-Rouge américaine et se rend en Europe pour photographier les conséquences de la grande guerre. Les images témoignent pour la première fois des mouvements de populations entraînés par la guerre et permettent à la Croix Rouge d'obtenir les aides financières longtemps réclamées sans succès.

Après 1919, le photographe se concentre à nouveau sur le monde du travail mais cette fois pour en dévoiler l'esprit positif. Cette exaltation de l'homme et de la machine est visible dans le seul ouvrage publié du vivant de Hine Men at Work.

Peu à peu, sa vision est considérée comme démodée et le FSA refuse qu'il participe au reportage sur la vie rurale américaine pendant la grande dépression qui sera confiée aux photographes Walker Evans, Dorothea Lange, Ben Shahn.

A sa mort, le MoMA de New York refuse le dépôt de l'ensemble de ses archives, la Photo League les récupère et les utilise pour diffuser le travail du photographe auprès du public. Les archives sont ensuite transférées à la George Eastman House. La collection compte aujourd'hui 7000 tirages, plus de 4000 négatifs ainsi que des documents personnels, brochures, catalogues périodiques et articles.

Catalogue d'exposition Lewis HineFondation HCB, 2011
Catalogue d'exposition Lewis Hine
Informations pratiques :

 Lewis Hine à la Fondation HCB, du 7 septembre au 18 décembre 2011

 Fondation HCB, 2 impasse Lebouis - 75014 Paris

 Ouvert du mardi au dimanche de 13h à 18h30. Le samedi de 11h à 18h45. Nocturne le mercredi de 18h30 à 20h30.

 Plein tarif 6 €, tarif réduit 4 € pour chômeurs, moins de 26 ans, plus de soixante ans, handicapés. Gratuit pour la presse, les Amis de la Fondation et en nocturne le mercredi (18h30 au 20h30).

 Accès : Métro Gaîté, ligne 13 / EMétro dgar Quinet, ligne 6. Bus : Ligne 28 et 58 arrêt Losserand-Maine / Ligne 88, arrêt Jean Zay au Maine

 Catalogue de l'exposition : Lewis Hine, éditions TF Editores


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