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Dans cet ouvrage centré sur la spoliation des arts dégénérés, Raphaël Denis, partant d'une liste de 16.500 objets saisis par les nazis, interroge la disparition des œuvres et la violence de l'histoire.
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| Référence | 9782373722413 |
| Artiste-Genre | Raphaël Denis |
| Auteur(s) | Raphaël Denis, Victor Claass |
| Editeur(s) | Dilecta |
| Format | Ouvrage broché |
| Nb. de pages | 488 |
| Langue | Bilingue Français / English |
| Dimensions | 230 x 170 |
| Date parution | 2026 |
| Musée | Museum Folkwang, Essen |
Depuis plus de dix ans, Raphaël Denis développe une pratique artistique centrée sur le destin des biens culturels face aux violences de l’Histoire. À travers des installations et des recherches documentaires, il explore les mécanismes de destruction, d’effacement et de disparition qui affectent les œuvres d’art et les collections, faisant de la mémoire le cœur de son travail.
Ce livre d’artiste prend sa source dans la série « La Loi normale des erreurs », initiée en 2014. Il est né d’un document exceptionnel conservé au Victoria & Albert Museum de Londres : une liste répertoriant méthodiquement les œuvres jugées « dégénérées », confisquées par les nazis à partir de 1937. Avant même le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, plus de 20 000 œuvres d’art furent saisies dans 101 musées allemands ; la plupart d’entre elles furent liquidées à vils prix, de gré à gré ou en vente aux enchères, pour financer le régime nazi. Par centaines, elles figurèrent dans des expositions d’« art dégénéré » itinérantes conçues comme des séances d’humiliation. Quant aux milliers d’œuvres jugées inutilisables, elles furent réduites en cendres et sont signalées dans la liste par un simple « X ».
Reproduite ici intégralement, cette funeste archive constitue le cœur du livre. Organisée musée par musée, elle énumère chaque œuvre en précisant son auteur, sa technique et son destin – on y apprend, par exemple, que 1 273 œuvres furent expurgées des collections du Folkwang Museum d’Essen, dont 414 furent détruites. Elle révèle ainsi l’ampleur d’une entreprise d’épuration culturelle et demeure, pour les œuvres disparues, l’ultime trace de leur existence.
La plongée dans cette liste vertigineuse qui s’étale sur 482 pages est une expérience historique singulière, croisant la froideur documentaire avec les destinées humaines, esthétiques et matérielles qui se reflètent derrière ces données amassées. (extrait du texte de Victor Claass, en introduction à l'ouvrage)
Livre d'artiste publié à l'occasion de l'exposition «La Loi normale des erreurs. D'un musée l'autre, Essen, Museum Folkwang
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